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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 55

enlever de sa maison, au milieu de la nuit, presque en che-mise, Léonore Galigaï, sa femme, et la fit enfermer à laBastille. Le parlement reçut l’ordre de prononcer la peine demort contre la maréchale ; toutefois comme elle n’était enréalité coupable que d’infâmes complaisancés et de débauchesfaites en compagnie de Marie de Médicis , il devenait fort dif-ficile de motiver une sentence sur de semblables accusations.Le roi vint en aide à ses conseillers, et fit accuser LéonoreGaligaï de judaïsme et de sortilège. Un écuyer de sa maison,nommé Laplace, vendit sa conscience pour un peu d’or, etvint attester que depuis l’arrivée à la cour d’un certain mé-decin juif nommé Montallo, la maréchale avait cessé d’allerà la messe; que plusieurs fois il l’avait surprise faisant desboules de cire qu’elle avait l’habitude de porter à sa bouche.Son carrossier porta également un faux témoignage, et pré-tendit qu’il l’avait vue sacrifier un coq dans une église à mi-nuit; or, le procureur général prouva que l’oblation d’un coqétait tout à la fois une pratique juive et païenne, et conclutà ce quelle fût brûlée vive comme sorcière.

Le parlement montra moins de sévérité; il la condamnasimplement à être décapitée. Léonore Galigaï écouta sa sen-tence avec un calme extraordinaire, marcha au supplicesans terreur, sans faiblesse, et mourut avec un courage di-gne d’une plus belle vie.

Quant à la reine mère, elle se trouvait retenue prisonnièredans ses appartements et hors d’état de pouvoir porter lemoindre secours à sa favorite; d'ailleurs la perte de son au-torité l’occupait bien plus que le sort de la maréchale; toutson désir était d’approcher du roi pour en obtenir un mo-