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IX.
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[XVII. s. J CRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 91

Au lieu de profiter de sa victoire et de chercher à s’em-parer de la personne de Gaston, il prit donc tranquillement lechemin du château de Lectoure , dont Roquelaure était gou-verneur, traînant après lui l’infortuné duc, et il écrivit aucardinal que son ennemi était en lieu sûr.

Dès que son éminence eut reçu la nouvelle de la prisede Montmorency, elle se rendit immédiatement à Toulouse avec le rôi, et donna ordre qu’on y transportât le prison-nier pour l’instruction de son procès. Louis XIII , qui entoutes circonstances s’ctait montré le complice docile descruautés de son ministre, ne lui fit pas défaut pour cette im-portante affaire; il déclara au parlement de Toulouse quesa volonté était que son garde des sceaux, c’est-à-dire Ri-chelieu, présidât aux délibérations en vertu d’un pouvoirextraordinaire ; ce qui signifiait simplement que la mort del’infortuné duc avait été résolue. Les juges obéirent et pro-noncèrent une condamnation ; les parents de Henri de Mont-morency vinrent alors se jeter aux pieds du monarque etimplorèrent sa clémence; leurs démarches furent inutiles;l’implacable Louis Xlll répondit d’un ton sec à leurs lamen-tations : « Point de pitié, point de merci pour un traître ; un roi» ne doit jamais pardonner ! »

Charlotte de Montmorency , princesse de Condé, espérantque le ministre serait moins inflexible que le souverain, cou-rut chez le cardinal, se mit à deux genoux devant lui et de-manda la grâce de son frère. Richelieu voulut la relever ; etcomme elle s’obstinait à rester dans cette position jusqu’à cequ’il lui eût promis la vie du duc de Montmorency, il se mità genoux devant elle, et dit qu’il ne quitterait pas cette pos-