Band 
IX.
Seite
125
JPEG-Download
 

[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 125

» chapelle, où elle entendait la messe fort dévotement;» ensuite elle revenait à sa toilette, qui durait ordinairement» deux heures, et à laquelle assistaient les personnes qui lui» étaient familières, tels que le commandeur de Jars, Berin-» ghen, Chandenier, Guitaut, capitaine des gardes, Com-« minges, le maréchal de Grammont, Créqui et Mortemart .» Venait alors l’heure de son dîner. Elle ne dînait que fort» rarement en public, servie par ses officiers; presque tou-» jours elle se faisait servir en petit comité par ses femmes,» parce qu’elle était plus à son aise pour manger, et parce» qu’elle pouvait immédiatement aller faire sa sieste dans son» oratoire. A son réveil, comme elle n’avait pas renoncé aux» plaisirs qui lui avaient tant plu autrefois, elle s’occupait» de se distraire ; toutefois ses divertissements étaient mé-» diocres, car elle n’aimait rien avec ardeur; elle détestait la» lecture, ne goûtait pas le charme d’une conversation in-» structive, puisqu’elle était d’une ignorance profonde et ne» savait aucune chose; elle n’aimait pas non plus les bals,» ayant perdu le goût de la danse avec la jeunesse; elle allait» seulement à la comédie, et regardait le spectacle à demi» cachée par l’une de nous, qu’elle faisait asseoir auprès d’elle» dans sa loge, afin d’éviter qu’on ne tînt des propos sur ce» qu’elle allait au théâtre avant la fin de son deuil. Le spec-» tacle terminé elle rentrait au palais, recevait les princes,» puis s’enfermait avec le cardinal Mazarin, qui souvent» restait plusieurs heures avec elle, non point pour causer» des affaires de l’état, mais pour livrer de doux combats à» dame Vénus. Lorsque le cardinal l’avait quittée, on servait» le souper, où régnait une licence extrême; après quoi,