Band 
IX.
Seite
127
JPEG-Download
 

[XVII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 127

» quera ma volonté. » Celui-ci se leva, et dans un discoursampoulé lit l’apologie de la régente, du premier ministre, ets’étendit longuement sur la nécessité d’augmenter les impôts.Après la harangue du chancelier Séguier, qui plusieurs foisavait été interrompu par les murmures de l’assemblée,Orner Talon, avocat général, prit la parole, lit un tableaueffrayant de vérité des misères de la nation, accusa le cardi-nal Mazarin de concussion, réclama énergiquement sa miseen jugement, supplia la reine d’apporter des réformes danssa cour, de faire cesser les guerres, d’enlever à ses favorisles charges quelle avait eu la faiblesse de leur confier, si ellene voulait pousser les peuples à la révolte et mettre en dan-ger la couronne de son fils.

Au lieu de se rendre à la sagesse de ces conseils, Anned’Autriche répondit sèchement qu’elle ne pouvait rien pourle soulagement du pauvre peuple; que l’orateur était bienhardi d’avoir osé faire entendre un blâme sur la conduite desa souveraine; quelle consentait à ne pas punir une telle au-dace, en raison des sentiments qui l’avaient inspirée, maisquelle ne voulait pas entendre d’autres remontrances, et quemessieurs du parlement eussent à s’occuper immédiatementd’enregistrer les édits bursaux pour mériter sa clémence etlui faire oublier leur rébellion. Elle rentra ensuite au palaispour dîner, et se coucha-alin de se remettre de la grandefatigue qu’elle avait éprouvée. Le cardinal vint la trouver,s’enferma avec elle, causa fort longuement de tout ce quivenait de se passer, et la détermina à ne tenjr aucun comptedes remontrances du parlement, et à poursuivre plus quejamais la guerre contre l’Autriche , attendu qu’elle éloignait