HISTOIRE DES PAPES.
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[XVII. S.]
de la cour les princes et les seigneurs dont l'ambition pou-vait lui inspirer des inquiétudes.
Puis, son éminence, pour donner une nouvelle directionaux esprits, commanda des fêtes et des réjouissances magni-fiques en l’honneur du mariage de la princesse Marie, filledu duc de Nevers , avec le vieux Ladislas Sigismond, roi dePolqgne. Des sommes considérables furent dépensées enfestins, en réceptions d’ambassadeurs et en bals pour la nou-velle reine de Pologne , dont personne ne se souciait. Lors-qu’il supposa que l’effervescence produite dans le peuple parl’opposition du parlement à l’enregistrement des édits bur-saux était calmée, il établit un tarif d’octroi qui portait surtoutes les denrées qui entraient dans la capitale, et le fitmettre à exécution par la cour des aides, sans même prendrela peine de le soumettre à l’approbation des conseillers duparlement. Ceux-ci réclamèrent immédiatement contre la vio-lation de leurs privilèges, et déclarèrent nuis et non avenustous les édits qui n’auraient pas reçu leur sanction.
Cet acte de vigueur excita parmi le peuple une sorte d’en-thousiasme patriotique, et fit éclater des manifestations quiinquiétèrent vivement la reine et le ministre. Pour conjurerle danger, l’habile Mazarin imagina de jeter la désunionparmi ses ennemis en inspirant de la défiance aux citoyenscontre le parlement, et de faire publier un arrêt qui avaitété extorqué aux conseillers deux ans auparavant pour l’éta-blissement de la chambre du domaine, chose qui était très-préjudiciable aiÿt intérêts du peuple. Le rusé Italien avaitparfaitement prévu ce qui devait résulter de cette tactique.L’exaspération des masses fut portée à son comble; des agita-