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IX.
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[XVII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 141

était alors devenue la maîtresse de son jeune frère, le princede Conti, et l’avait entraîné dans le parti de la fronde, ainsique le prince de Marcillac, son amant en titre. Turenne céda également aux instances de ses amis, qui étaient pres-que tous des frondeurs, et vint grossir le nombre des en-nemis de Mazarin . Parmi les adversaires de la cour, celuiqu’on regardait, sans contredit, comme le plus actif et le plusdangereux, c’était Gondy de Retz, le coadjuteur de l’arche-vêque de Paris , qui déjà avait chérclié à détacher le princede Condé du parti de la régente, et avait eu même avec luiplusieurs conférences secrètes pour traiter des conditions desa défection ; mais la crainte d’éprouver le sort des Guise ,les chefs de la ligue du temps de Henri III , l’emporta surl’ambition du vainqueur de Rocroi et le détermina à rompretoutes ses relations avec les frondeurs.

Dans sa dernière entrevue avec Gondy de Retz, le princeexpliqua au coadjuteur les motifs de sa détermination, et fitdes aveux fort singuliers. « Je conviens que le Mazarin ne» sait ce qu’il*fait, dit-il au prélat; je ne mets point en doute» qu’il ne perde l’état si on le laisse agir; d’un autre côté» le parlement va trop vite en besogne. S’il se ménageait,» comme nous l’avions concerté, nous ferions nos affaires» ensemble; mais il va toujours de l’avant; et si je me joi-» gnais à lui, nous aurions bientôt culbuté la royauté ; ce qui» ne serait pas dans mes intérêts, car je m’appelle Louis de» Bourbon, et un Bourbon ne peut vouloir ni le bonheur du» peuple ni le triomphe des libertés nationales. Ces diables» de bonnets carrés sont tellement enragés, qu’au lieu de me» mettre des leurs pour faire la guerre au ministre, je vais me