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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
» trouver obligé de les étrangler de mes mains pour le compte» de la régente et du Mazarin ; ce que je ferai, parce que je» suis bien décidé à ne pas leur permettre de couvrir leurs» têtes'du bonnet sicilien, ce qui, à mon avis, nous perdrait» tous. Croyez-moi, lorsque le peuple aura goûté de la li-» berté, il est à craindre qu’il ne veuille plus obéir à aucune» aristocratie, et qu’il ne chasse les prêtres et messieurs du» parlement comme les princes et les rois. »
Le coadjuteur comprit, d’après le raisonnement de Coudé ,qu’il ne devait pas compter sur lui pour soutenir la fronde.Il songea immédiatement à donner un nouvel aliment à laguerre civile en faisant révolter les autres parlements duroyaume ainsi que plusieurs villes considérables. Mais à peineles hostilités étaient-elles commencées, que les Parisiens s’aperçurent que tous les nobles chefs de la fronde, à l’ex-ception du coadjuteur, cherchaient à tirer le meilleur partide la situation des affaires dans leurs intérêts personnels, etqu’ils faisaient bon marché de la cause du peuple. Ils cessè-rent alors de les soutenir. Il s’opéra aussitôt une réactiondans les esprits, et ceux des frondeurs qui étaient les plusardents quelques jours auparavant, demandèrent à entrer enaccommodement avec la cour.
Une paix fut conclue entre le parlement et la régente, sanstoutefois qu’elle satisfît aucun des partis. Le parlement con-serva la liberté de s’assembler, ce que la cour avait vouluempêcher au moins pour le reste de l’année; la reine gardaàla tête des affaires le Mazarin , dont le parlement et le peupleavaient demandé l’éloignement. Anne d’Autriche publia uneamnistie générale, dans laquelle furent désignés tous les