[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 143
hommes importants de la fronde, excepté Gondy de Retz,que le cardinal affecta de confondre dans la foule des re-belles ordinaires; ensuite la régente ramena son fds à Paris ,et lit son entrée dans la capitale, ayant dans son carrosse leMazarin et le prince de Condé.
De cette manière la tranquillité se trouva rétablie aprèsdeux mois des plus grands troubles ; mais le calme n’étaitqu’apparent, et le cardinal ne se dissimulait pas toutes lesdifficultés de sa position. En effet, l’orgueilleux Condé netarda pas à réclamer le prix des services qu’il avait rendusà la cour ; et sur le refus d’Anne d’Autriche de satisfaire àses exigences, un jour de conseil il s’emporta contre elleet menaça de se jeter dans le parti de la fronde. Mazarin ,qui avait prévu ce qui venait d’arriver et qui était sur sesgardes, fit un signe; des soldats entrèrent dans le conseil,arrêtèrent le prince de Condé, son frère le prince de Conti,son beau-frère le duc de Longueville, et les conduisirent àYincennes.
Le cardinal-ministre, avant d’exécuter ce coup d’autorité,avait eu soin de prendre certaines précautions, entre autrescelle d’acheter les chefs de la Ironde, afin d’empêcher quecette arrestation ne relevât les espérances de ses ennemiset ne les déterminât à recommencer aussitôt les hostilités.Néanmoins, les choses ne se passèrent pas aussi tranquil-lement qu’il l’eût désiré. Paris ne s’émut pas, il est vrai, dela captivité d’un prince qui, tout récemment, l’avait assiégé ;mais dans les provinces ses partisans se soulevèrent.
La duchesse de Longueville, qui avait renoué ses rela-tions incestueuses avec le prince de Condé, activa la révolte,