Band 
IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

(XYIt. S.]

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et parcourut la France pour rattacher au parti de son frèretous les seigneurs qui étaient épris de sa fatale beauté. Elleleur prodigua à tous ses faveurs, gagna également Turenne ,les associa à ses projets de vengeance, et, grâce à cette pro-stituée, la fronde reprit toute son activité, la guerre civiletoute son énergie. Ce fut inutilement que la régente et leMazarin entamèrent des négociations avec Turenne . Celui-ci,qui était sous le charme de la belle duchesse de Longueville,qui, en outre, avait de grandes prétentions pour sa famille,et n’aspirait rien moins qu’à la possession en toute souve-raineté d’une partie de la France , se déclara hautement l’en-nemi de la cour, se rendit à Stenai, lieu de réunion des chefsde la nouvelle ligue, vendit son argenterie, signa un traitéd’alliance avec le roi d’Espagne , reçut des subsides, leva destroupes, et se trouva bientôt à la tête d’une armée.

11 ouvrit la campagne par la prise du Catelet, de la Ca-pelle et de Réthel; il s’avança ensuite vers la Marne , pillantles bourgs, incendiant les villages, dévastant les campagneset massacrant les cultivateurs sur son passage. Son intentionétait de pénétrer jusqu’à Paris ou du moins jusqu’à Vin-cennes pour délivrer les princes; mais les généraux espa-gnols qui l’accompagnaient, et qui avaient ordre de l’aiderseulement à ruiner le royaume, à prolonger la guerre civileet non à faire triompher la fronde, l’obligèrent à se dirigersur d’autres points, où il continua d’exercer d’affreux brigan-dages. Enlin la cour envoya contre lui une armée de vingtmille hommes, commandée par le duc de Praslin , et le forçaà battre en retraite jusqu’à Réthel. Il voulut tenir bon danscette place et attendre des renforts que lui avaient promis les