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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S ]

cœur du roi; sa propre sœur, l’abbesse de Fôntevrault,chargée de son voile et de ses vœux, sortit de son cloître etvint partager avec elle l’emploi de favorite; son autre sœur,madame de Thianges, fut également admise dans l’intimitéde Louis XIV ; et ce qui plut fort au monarque dépravé, iltrouva les trois sœurs disposées à se prêtera tous les capricesde son imagination déréglée.

Cependant sa majesté se fatigua des deux sœurs de laMontespan, et faillit l’abandonner elle-même pour la jeuneMarie-Angélique Scoraille de Uoustille, une bile noble, d’unebeauté extraordinaire, qui lui avait été vendue un millioncomptant, et dont elle avait fait sur-le-champ une duchesseen lui donnant la seigneurie de Fonlanges. La passion du roipour cette nouvelle maîtresse l’entraînait à des extravagancestelles, qu’indépendamment des cent mille écus qu’il lui four-nissait chaque mois pour son entretien, il lui payait encoreles dettes énormes qu’elle faisait pour éclipser la Montes-pan. Son inlluence dans les affaires était devenue si grande,qu’on ne s’adressait plus aux ministres, mais à elle, pourobtenir des emplois, des grâces et des faveurs; enfin, ellepoussait l’impudence jusqu’à affecter de ne pas voir la reinequand elle passait devant elle, pour ne point la saluer, etqu’elle osait prendre le pas sur les princesses. Ce rêve degrandeurs fut pour mademoiselle de F on langes de bien courtedurée ; une fausse couche lui lit perdre une partie de sa beauté,et l’amour du roi ne survécut point à ses charmes. Elle quittala cour, quoique malade encore, et se retira à l’abbaye deFort-lloyal, où elle languit quelque temps, et mourut àvingt ans. Cet événement laissa planer un soupçon affreux