HISTOIRE DES PAPES.
198
[XVII. S-l
de ce Louis XIV , surnommé le Grand par ses valets et parde lâches écrivains !
De telles extravagances n’ont rien qui doivent surprendre;pour un roi, la fortune, la liberté, la vie même des autreshommes est trop peu de chose, pour qu’il s’en occupe ; etLouis XIV moins qu’un autre était disposé à faire le sacri-fice de ses passions, de ses plaisirs, de ses caprices, au bon-heur de ses sujets. Du reste, il était parfaitement encouragéà poursuivre cette détestable voie par les courtisans qui l’en-touraient et qui s’engraissaient aux dépens du peuple. Lou-vois surtout, le Pelletier, contrôleur des finances, qui avaitsuccédé à Colbert, la Maintenon , le Père la Chaise, le pous-saient à dilapider la fortune publique, et l’entraînaient dansdes guerres désastreuses, soit pour l’occuper, soit pour serendre eux-mêmes nécessaires et se maintenir au pouvoir.
Sous prétexte que le traité de Nimègue ne recevait passon entière exécution de la part de l’Espagne , le ministreLouvois excita Louis XIV contre Charles II , et fit déclarerla guerre à ce prince. Aussitôt les armées françaises entrèrenten campagne; le maréchal d’Ilumières envahit la Flandreoccidentale et fit le siège de Courtrai , pendant que le maré-chal de Créqui s’avançait du côté oriental et bombardaitLuxembourg sous les yeux du grand roi, qui était accouruavec la cour pour contempler le spectacle de l’embrasementd’une grande ville. En même temps, sa majesté ayant étéinformée que la république de Gênes entretenait des intelli-gences avec l’Espagne , envoya sommer le sénat de cessertoutes relations avec ses ennemis; et sur le refus desmembres de ce corps d’obtempérer à ses ordres, l’amiral