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HISTOIRE DES PAPES.
[ 1711 .]
aux familles dont les ancêtres e'taient enterrés à Port-Royaldes Champs, d’avoir à les faire exhumer et porter ailleurs,dans un délai d’un mois; ensuite, et toujours par ordonnanceroyale, il lit raser l’église et l’abbaye, comme on avait l’ha-bitude de faire pour la maison des régicides, sans laisserpierre sur pierre; on laboura même la place; seulement onn’y sema pas de sel, grâce à l’archevêque de Paris , qui inter-vint pour empêcher cette dernière profanation.
A cela près, le Père Tellier atteignit le but qu’il s’étaitproposé, et la société de Jésus put ajouter ce triomphe à celuiqu’elle venait d’obtenir en Chine sur le cardinal de Tournon .Ce vénérable prélat avait été envoyé dès l’année 1704, avecle titre de patriarche d’Antioche et de vicaire apostolique,pour vérifier l’exactitude des accusations portées contre lesjésuites et pour interdire les cérémonies idolâtres que cesreligieux avaient autorisées contrairement aux lois de l’Église.A son arrivée dans le Céleste Empire, le patriarche s’étaitassuré de la fidélité des rapports qui avaient été adressés ausouverain pontife, et conformément à ses instructions, s’étaitempressé de réunir à Canton les chefs des différentes mis-sions, auxquels il avait enjoint, au nom du saint-siège, defaire enlever de leurs églises les signes et les emblèmes quiavaient rapport au culte de Confucius , du ciel et des ancêtres.
Les jésuites n’osèrent pas lui résister en face ; mais ils agi-rent dans l’ombre, se servirent de leur influence sur l’em-pereur Ivhang-hi pour l’indisposer contre le légat, et repré-sentèrent le patriarche comme un fanatique dangereux quin’était venu en Chine que pour pervertir la religion et sou-mettre les peuples de l’Asie au pontife romain. Le monarque,