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» seul peuple dans votre sein; tous sont concitoyens de Rome ,» tous sont catholiques romains. O Église, d’où Pierre con-» firmera ses frères à jamais! ô si jamais je vous oublie, que» ma main droite s’oublie elle-même, que ma langue se sèche» en mon palais, si vous n’êtès pas jusqu’à mon dernier soupir
» l’objet de mes cantiques!.» Fénelon en fut pour seâ frais
d’éloquence. Tellier s’opposa constamment à ce que le roi serelâchât de sa rigueur, et maintint l’ordre d’exil qui lui in-terdisait de sortir de son diocèse.
Malgré l’approbation de quelques évêques vendus aux jé-suites, l’apparition de la bulle Unigenitus excita de violentesagitations sur différents points du royaume. Tous les ordrescivils et religieux, sans distinction d’état ou de caractère,protestèrent contre la constitution ; le cardinal d’Estrées l’ap^pela une œuvre de l’esprit des ténèbres; le cardinal de Po-lignac, qui n’avait pas encore connaissance à cette époquede l’affiliation du grand roi à la compagnie de Jésus , osa lanommer dans un mandement une œuvre abominable, qu’unjésuite seul avait pu concevoir.Il fut puni de cette outre-
cuidance par l’exil et par la défense de paraître à la cour.
Quelques conseillers du parlement voulurent égalementrésister aux envahissements du jésuitisme; mais le donjon deVincennes et la Bastille en firent bonne et prompte justice.La France se trouva divisée en deux partis, celui des oppo-sants et celui des acceptants. Néanmoins, dans la factiondes acceptants, composée des créatures du Père Tellier,il existait des dissidences telles, qu’il était facile de com-prendre que sans les voies d’intimidation employées par le
royal disciple d’Ignace de Loyola pour faire accepter la bulleix. 34