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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[ 1753 .]

fit encore casser l’arrêt par le conseil d’état, défendit la con-vocation des pairs, et envoya l’ordonnance qui prescrivait cesordres au parlement.

Les chambres assemblées refusèrent de prendre connais-sance du message de la favorite , prétextant qu’il n’était pasmême revêtu du sceau royal, et insistèrent pour que les pairsfussent convoqués. Louis XV défendit à ceux-ci de s’unir auparlement, fit menacer les conseillers de les réduire par deslettres de cachet, et ordonna au comte d’Argenson de faireenlever de son couvent la religieuse cause innocente de ceconflit, ce qu’exécuta le ministre. Il est si rare qu’un ministrede roi refuse d’accomplir une infamie!

Le peuple cria au sacrilège; les orateurs du parlementflétrirent en termes énergiques l’inhumanité du pouvoir, quiluisait arracher une mourante de son monastère pour la plon-ger dans un cachot. L’abbé Chauvelin, l’un des membres lesplus distingués de cette compagnie, osa discuter sur l’illéga-lité des lettres de cachet, et par son éloquence entraîna'tousles conseillers jeunes et vieux à rédiger, séance tenante, uneprotestation véhémente contre lesacles arbitraires de la cour.Louis XV refusa de recevoir les commissaires chargés de luiporter les remontrances du parlement, et les lit congédierassez cavalièrement. Ces magistrats lui firent répondre quetoutes les chambres resteraient assemblées jusqu’à ce queleur voix fût parvenue au pied du trône. Sa majesté expédiaaussitôt des lettres de cachet contre les conseillers des en-quêtes et des requêtes. L’abbé Chauvelin fut envoyé au MontSaint-Michel , Bèse-de-Lis à Pierre-en-Cise, le président deBéligny au château de Uam , et le président de Méri aux îles