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HISTOIRE DE BENOIT XIV .

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aux prêtres de son diocèse de ne point administrer les fidèless’ils n’étaient munis d’un billet de confession. Le parlementinforma contre les prévaricateurs, chargea les huissiers etles recors d’appréhender les prêtres pour leur faire porterle viatique aux mourants; de sorte que la communion était'presque toujours précédée d’une sommation et terminée parun procès-verbal. Enfin le roi prit de l’humeur de la conduitede l'archevêque, et lui ordonna d’administrer les sacrements ;le prélat fit répondre que son devoir était d’obéir à Dieu , etnon aux rois ni à leurs favorites. Cette insolence lui valutun ordre d’exil. Toutefois, du fond de sa retraite il continuade susciter des troubles dans la capitale, de concert avec l’é-vêque de Mirepoix, un enragé jésuite qui disposait de lafeuille des bénéfices. Mais ce prélat étant mort, il devinttrès-facile de mettre le clergé à la raison, en confiant lafeuille des bénéfices au cardinal la Rochefoucauld, et en fai-sant distribuer les abbayes et les prébendes aux ecclésiasti-ques qui se montraient dévoués à la cour.

En vain les jésuites cherchèrent à jeter du ridicule sur ceuxqui acceptaient des bénéfices en les appelant feuillants, leurparti perdit de jour en jour de son importance. Néanmoins,ils parvinrent à force d’intrigues à décider plusieurs évêquesà se réunir en concile national pèur adresser au monarqueun mémoire sur le danger que courait la royauté en prenantparti pour les philosophes contre les disciples d’Ignace deLoyola . Voici quelle était la teneur de cette pièce remar-quable : « Un devoir impérieux nous ramène au pied du» trône, sire, afin de vous prévenir que celte épaisse fumée» dont il est parlé dans les livres saints, qui s’élève du puitsix. 47