[ 1756 .]
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la bulle Unigenitus, et sur le bannissement de plusieursjésuites. Sa majesté n’ayant fait que des réponses évasives,les prélats se déterminèrent à écrire solennellement au papepour qu’il donnât enfin son opinion. Benoît XIY, mis endemeure de s’expliquer entre les deux factions, fut obligéde se départir de sa prudence habituelle; il se prononçacontre les philosophes, et publia le bref « Ex omnibus, »par lequel il déclarait la constitution Unigenitus article de foi.« Aucun chrétien, disait-il, ne peut se soustraire à la sou-» mission qui est due à cette bulle, ni lui être opposé, sans» mettre en péril son salut éternel. L’archevêque de Paris et» tous les prélats qui ont imité son exemple ont donc agi sain-» tement en refusant le viatique aux réfractaires, par la règlej> générale qui défend d’admettre un pécheur public et no-» toire à la sainte Eucharistie .... »
Le bref du saint-père arriva en France dans le momentoù les peuples, réduits à une misère effroyable, étaient dansl’impossibilité absolue de subvenir aux exigences du fisc, oùle parlement se montrait plus récalcitrant que jamais pourl’adoption de nouveaux impôts, et où cependant Louis XYavait un pressant besoin d’argent pour ses maîtresses et pourses courtisans. Sa majesté n’avait qu’une ressource, c’étaitde s’adresser au clergé ; elle fit un pacte, et en échange desubsides, elle révoqua l’édit du silence en faveur des prêtres,et déclara dans un lit de justice que les évêques français pour-raient à l’avenir professer ouvertement tout ce qu’ils juge-raient convenable aux intérêts de la religion.
La Sorbonne, qui se montrait à cette époque aussi favo-rable à la bulle Unigenitus qu’elle lui avait autrefois été op-