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HISTOIRE DES PAPES.
[ 1757 .]
posée, applaudit au décret royal; mais il n’en fut pas demême du parlement. Sur le refus que firent les conseillersde l’enregistrer, Louis XV changea entièrement l’organisa-tion de la magistrature, lui enleva toute influence politique,supprima la troisième et la quatrième chambre des enquêtes,et ne conserva que la grand’chambre. Dix conseillers, dontles noms sont demeurés entachés d’infamie, ainsi que lesprésidents à mortier, consentirent seuls à obéir au monarque;tous les autres envoyèrent leur démission, et le cours de lajustice fut encore une fois suspendu.
Tout faisait prévoir une lutte terrible entre les philosopheset les disciples d’Jgnace de Loyola, lorsqu’un incident auquelà cette époque on attachait une énorme importance, un at-tentat contre la personne du roi vint distraire l’attention desesprits. Le 5 janvier, à six heures du soir, Louis XV se dis-posait à monter en voiture pour se rendre de Versailles àTrianon; les gardes étaient rangés sous le vestibule, sansaucun ordre, quand tout à coup un jeune homme, se faisantjour à travers les soldats, va droit au roi, le frappe à la poi-trine, et rentre immédiatement dans la foule. Sa majesté sesentant blessée, porte la main à l’endroit où elle avait étéfrappée, et s’écrie, « Je suis assassiné ! » Puis apercevantun homme couvert d’un large chapeau, elle le désigne de lamain et ordonne qu’on l’arrête. C’était en effet' l’assassin, qui,étranger aux habitudes de la cour, avait malencontreusementconservé son chapeau sur la tête.
Le roi fut porté dans son lit, quoique sa blessure fût ex-trêmement légère, ayant été faite avec un canif. La reine,effrayée, accourut* auprès du monarque; la marquise de