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HISTOIRE DES PAPES.
11761. J
cette seule réponse : « Les statuts de l’ordre sont inflexibles,» nous ne pouvons rien faire pour vous ! » Ce fut inutilementqu’il chercha à les émouvoir en leur disant que sa maisonallait être forcée de déposer son bilan, que lui et ses associésne survivraient pas «à leur ruine, et qu’ils seraient la causede leur suicide. Les révérends lui répondirent fort tranquil-lement « qu’ils célébreraient des messes pour le repos de» leurs âmes. »
Le négociant marseillais quitta Paris , retourna auprès deses associés et leur annonça le triste résultat de sa mission.Ces malheureux banquiers n’ayant aucun moyen de faire faceà leurs échéances, se déclarèrent en faillite et firent l’aban-don de tout ce qu’ils possédaient. Les syndics des créanciersse préparèrent aussitôt à poursuivre le Père Lavalette. Celui-ci ouvrit à son tour une faillite de quatre millions, pourfrustrer les droits légitimes des créanciers des frères Gouffreet Lioncy aux possessions des jésuites dans les îles. On criaau scandale, et les syndics, sans perdre de temps, mirent encause la société de Jésus tout entière. Par un arrêt du con-seil, le roi renvoya cette affaire devant le parlement de Paris,qui eut la joie de voir ses ennemis amenés devant salsarre,sous l’accusation de banqueroute frauduleuse.
Les disciples de Loyola acceptèrent néanmoins cette juri-diction , comptant se retrancher derrière leurs constitutions,et dénier leur participation et par suite leur solidarité dansles opérations du Père Lavalette; ils commirent la faute plusgrande encore de livrer les actes mystérieux de leur société,pour faire prévaloir leurs raisons. Comme l’examen de cesconstitutions demandait un long travail, le parlement de