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ne fasse pas trop grand bruit des massacres des prisons, nousrappellerons les croisades contre les Albigeois, exécutéessous Philippe II , les atrocités des Armagnacs et des Bourgui-gnons sous le roi Charles VI , les sanglantes exécutions de laSaint-Barthélemi sous Charles IX , les dragonnades des Cé-vennes sous Louis XIV , et nous demanderons qui, de laroyauté ou de la démocratie, est en reste avec l’autre !
Mais les événements changent de face : une nouvelle as-semblée nationale, la Convention, succède à la législative;la république est proclamée en France, et Louis XVI expieles crimes de sa race en montant sur l’échafaud.
Pie VI fulmine aussitôt une bulle d'excommunicationcontre la nation française, la désigne sous les noms de na-tion impie, sacrilège, abominable, et appelle sur elle lesfoudres du ciel et de la terre. Pour toute réponse, la Conven-tion envoie à sa Sainteté la lettre suivante : « Le conseil exé-» cutif de la République, au prince-évêque de Rome . Pontife,» vous aurez à effectuer immédiatement l’élargissement de» plusieurs citoyens français détenus dans vos cachots. Si ces» réclamations demeuraient sans effet, vous apprendriez que» la République est trop (ière pour dissimuler un outrage et» trop puissante pour le laisser impuni. »
Le pape, en recevant le message de la Convention, put àpeine contenir sa rage; cependant les cardinaux qiii l’ac-compagnaient lui ayant fait comprendre le danger où il s’ex-posait en mécontentant un peuple républicain, on vit le pré-tendu vicaire de Dieu , le successeur de saint Pierre, le pon-tife infaillible qui trône sur le monde chrétien, s’humilierdevant un simple député, un citoyen sorti des rangs les plus