Band 
IX.
Seite
452
JPEG-Download
 

HISTORIE DES PAPES.

[1793.]

452

infimes, et promettre d’obéir aux volontés de la République .

Ensuite, sur la nouvelle que les Français avaient essuyéquelques revers, il reprit de l’audace, réunit des troupes, etannonça qu’il allait endosser le casque et la cuirasse pour com-battre les républicains. A l’exemple du chef, les prêtres etles moines, remplis d’un saint enthousiasme, parcoururentla ville, les campagnes, recrutèrent sur leur passage desfanatiques, les enrôlèrent sous les bannières pontificales, etles organisèrent en bandes d’assassins ; puis, quand ils sup-posèrent qu’ils étaient en forces suffisantes pour lutter contrela République , ils dépouillèrent toute pudeur, et au méprisdu droit des nations, ils massacrèrent un secrétaire d’am-bassade, nommé Basseville, au moment où il traversait larue pour se rendre à l’académie, accompagné de sa femme etde ses enfants; ensuite ces cannibales se ruèrent dans la ville,en criant : « Vive Pie VI , vive la Saint-Barthélemi ! meu-» rent tous les Français ! »

Le palais de l’académie fut envahi, les élèves pension-naires poursuivis, et forcés de fuir devant le glaive des prê-tres, pendant que d’autres bandes de massacreurs enfonçaientles portes des maisons habitées par les Français , et y renou-velaient les mêmes scènes de violences.

En France , les choses prenaient de jour en jour un aspectplus lugubre : au dedans, désordre et anarchie ; les paysansde la Bretagne et de la Vendée , soulevés par les prédicationsdes fanatiques, organisaient la chouannerie et transformaientleurs riches campagnes en affreux champs de bataille; audehors, les despotes et leurs hordes d’esclaves rugissaient,prêts à s’élancer sur la République . Telle était la position cri-