[ 1796 .]
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les maisons pieuses et les congrégations, à lui remettre les or-nements, les vases précieux qui n’étaient pas d’une nécessitéabsolue pour célébrer l’office divin; il obligea tous ses sujetsà lui livrer leur argenterie, et fit même des perquisitionsdans les maisons pour rechercher les pierreries, les paruresd’or et jusqu’aux anneaux des femmes. Quand il eut accu-mulé dans le trésor apostolique les dernières richesses de sespeuples, il fit prévenir le général français qu’il était en me-sure de satisfaire la République .
Les commissaires du Directoire se rendirent aussitôt àRome pour recevoir les gages de la capitulation, et pour signi-fier à Pie VI que la France voulait qu’il rétractât, désavouâtet annulât toutes les bulles, décisions, sentences, censures,condamnations, instructions pastorales, tous les brefs, dé-crets, édits, mandements, généralement tous les écrits éma-nés du saint-siège depuis le commencement de la révolution ;qu’en outre il abolît l’inquisition dans toute la catholicité, etqu’il supprimât la pratique barbare de la castration exercéesur les enfants destinés à chanter dans les églises.
Ces conditions, qui n’ajoutaient aucune disposition à lapartie matérielle du traité et qui étaient faites dans un butd’humanité, parurent exciter au plus haut point la colère dupape. Sa Sainteté prétendit qu’elles ne tendaient rien moinsqu’à lui faire renier son infaillibilité, à lui faire avouer à laface de l’Europe qu’il n’était qu’un imposteur et que la re-ligion ne se composait que de pratiques absurdes ou odieuses.II demanda à consulter le sacré collège sur les mesures qu’ilconvenait de prendre dans la circonstance. C’était un nou-veau moyen de gagner du temps et de reculer l’exécution du