VGO HISTOIRE DES PAPES. [ 1796 .]
traité jusqu’à ce que l’arrivée des troupes autrichiennes luipermît de rompre ouvertement avec la République .
En effet, dès qu’on connut à Rome que l’Autriche avaitrepris l’offensive, les prêtres recommencèrent leurs prédi-cations; le pape redoubla d’activité pour se procurer desressources pécuniaires; il altéra les monnaies; obligea lescultivateurs à vendre leurs grains à bas prix et contre descédules au département de l’annone, pour l’approvisionne-ment des troupes; il organisa une garde civique, éleva descorps de garde crénelés dans tous les quartiers de Rome ettransforma la ville sainte en arsenal de guerre. De tous côtéson ne vit plus que soldats et chariots chargés de fusils, decanons, de tentes et de matériel de toute espèce. L’enthou-siasme se communiqua même aux Romains : les contribu-tions affluèrent à la chambre apostolique; l’or, l’argent, lesbijoux, les denrées, les bestiaux, tout ce qu’ils possédaientfut mis à la disposition du saint-père. Plusieurs riches ci-toyens levèrent des corps de troupes à leurs frais; le conné-table Colonna équipa un régiment complet d’infanterie; lebanquier Torlonia arma une compagnie de cavalerie; c’étaitune sorte de délire qui s’était emparé de toutes les têtes.
Il faut dire aussi que pour produire ce résultat, Pie VI avait employé les grands moyens. Tous les couvents desétats ecclésiastiques avaient reçu ordre de faire jouer lesmadones. Dans les villages, les statues de la Vierge agi-taient les bras, ouvraient les yeux, levaient les jambes; dansles villes, les crucifix suaient du sang et de l’huile; à An cône , saint Cyriaque poussait de longs éclats de rire ; àRome , les crânes de saint Pierre et de saint Paul psalmo-