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publique. Quant au pape et à ses deux bâtards, le peuple,toujours grand, toujours miséricordieux, leur fit grâce de lavie, et se contenta de leur enlever les riches domaines , lespalais et les trésors volés à la nation ou acquis avec les de-niers publics.
La duchesse de Braschi, cette courtisane doublement in-cestueuse avec son frère et avec son père, la femme de l’unet la maîtresse de l’autre, fut traitée avec encore plus d’in-dulgence ; les consuls lui laissèrent une partie des bijoux etdes pierreries que le pape lui avait donnés, et l’exilèrent àTivoli, où elle se consola dans les bras d’un autre amant delàruine de sa famille.
Toutes ces catastrophes avaient jeté le pape dans un abat-tement qui tenait presque de l’idiotisme. Enfin le gouverneurde Rome , le général Cervoni, vint lui porter le dernier coupon lui signifiant officiellement que le peuple avait reconquis sesdroits, et qu’il n’était plus rien dans le gouvernement. « Et» ma dignité, s’écria le pape avec anxiété, que devient-elle ?» — On vous la conserve, répondit le général, et on vous» accorde même un traitement de deux mille écus romains» pour soutenir votre rang. — Et ma personne, qu’en veut-» on faire? —Elle est en sûreté, repartit Cervoni; on vouso assure même cent vingt hommes pour votre garde. — Je0 suis donc encore pape ! » exclama le saint-père avec unsourire étrange. Puis, le gouverneur de Rome s’étant retiré,la vieille audace du pontife sembla se ranimer. Il appela au-près de lui son camérier et ses autres confidents, et dressaavec eux les plans de nouvelles vêpres siciliennes dans les-quelles devaient être englobés tous les Français et tous les