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HISTOIRE DES PAPES.
[1798.)
partisans du nouveau gouvernement. Heureusement on eutl’éveil de ce qui se passait, et l’on put prendre des disposi-tions pour arrêter l’exécution de ces projets criminels.
L’enlèvement de Pie VI fut l’une de ces mesures. En vair.le vieux pape, qui voyait ainsi tous ses plans déconcertésvoulut-il protester contre la violence qui lui était faite et quil’arrachait à son peuple et à ses devoirs ; il fut emballé dansune voiture avec son médecin, son maître de chambre et soncuisinier, et dirigé sur la Toscane . D’abord il fut déposédans le couvent de Saint-Augustin de Sienne , où il demeuratrois mois. Il y vivait paisible et presque oublié du monde,lorsqu’un événement extraordinaire, un tremblement deterre, vint ébranler l’asile qu’on lui avait donné, et détruisitune partie des murailles de l’édifice. Quoiqu’il n’eût couruaucun danger, puisqu’au moment de la catastrophe il sepromenait dans un des jardins de la ville, il en éprouva unetelle frayeur qu’il ne voulut pas rentrer au couvent. On sehâta de mettre à sa disposition une maison de campagnequi s’appelait l’Enfer ; ce qui donna lieu aux sarcasmes desindévots, et fit dire que le pape était enfin à sa place. Quel-que temps après, on le transféra à la Grande-Chartreuse deFlorence , où il resta dix mois entiers.
Mais, dans son exil, le vieux pape n’avait pas renoncé àl’espoir de se venger des Français; du fond de la Toscane ,il organisa des soulèvements, et bientôt Rome devint lethéâtre d’affreux massacres. Des bandes de fanatiques con-duits par des prêtres et par des moines, le Christ d’une main,la torche de l’autre, parcoururent les rues, les places publi-ques; partout les Français tombèrent assassinés avec des