Band 
X.
Seite
29
JPEG-Download
 

txvill.s.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS, 29

Les unes, comme la duchesse de Richelieu, faisaient leursdébauches à domicile, on les nommait valétudinaires; lesautres, comme mademoiselle de Charolais, exploitaient lesjardins publics, le parc de Versailles , les boulevards, lePalais-Royal, les Tuileries, les quais de Paris , on les dési-gnait sous le nom de citadines. Les princes du sang ne sor-taient de l’inceste que pour tomber dans la plus ignoble cra-pule; plusieurs d’entre eux renouvelaient les mariages mons-trueux des Néron et des Héliogabale , et affectaient de vivremaritalement avec leurs ganÿmèdes. Les courtisans jouaientau brelan leur honneur, leur fortune, leurs sœurs, leursfemmes et leurs filles. Le joli comte d’Évreux , quand il nepouvait trafiquer de sa femme, se vendait lui-même. Lemarquis de la Rochefoucauld, l’un des amants de la du-chesse de Berry, joua un jour sa femme à sa rivale, la perdit,et la lui amena. Comme la princesse voulait la livrer aurégent, madame de la Rochefoucauld refusa de ratifier cetinfâme pacte, se débattit contre le satyre, le blessa dans lalutte, échappa à ses étreintes, et se sauva à demi nue dupalais, pour rester fidèle, non au mari qui l’avait vendue,mais à M. de Clermont, dont elle était la maîtresse.

Philippe d’Orléans et sa fille surpassaient dans leurs dé-bordements tout ce qu’on peut imaginer; et pour ne pas etretaxés d’exagérations, nous citerons lé récit que fait Saint-Simon des petits soupers du Luxembourg , en ayant mêmesoin de supprimer des détails qu’on ne pourrait lire sansque la rougeur montât au front.

« Chaque soir, dit-il, le régent venait souper au Luxem-

» bourg, en compagnie de sa fille; il amenait avec lui ses maî-x. 5