Band 
X.
Seite
30
JPEG-Download
 

30

HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

» tresses, quelques danseuses d’Opéra et ses roués; c’étaient» le duc de Broglie, Noce , les plus vigoureux des officiers» des gardes françaises, le duc de Brancas, Biron, Canillac,» les femmes les plus perdues de la cour et les hommes dé-» criés parleurs débauches. La chère y était exquise; sou-» vent le duc d’Orléans , madame de Berry et leurs invités» apprêtaient les mets eux-mêmes dans des ustensiles d’argent» et de vermeil. Dans ces séances culinaires, la licence la» plus effrénée dans les actes et dans les paroles était com-» mandée par l’amphitryon; on maculait les plats par d’af-» freuses souillures. Les nobles dames racontaient les turpi-» tudes passées et présentes de la cour et de la ville, sans» ménagements, avec le cynisme d’expression des lupanars.» Pendant le banquet les têtes s'échauffaient; on disait des» ordures à pleine gorge et des impiétés à qui mieux mieux;» on buvait d’autant. Lorsque les convives étaient ivres, les» vêtements tombaient, et tous, hommes et femmes, se dé-» liaient, et les assistants se confondaient dans de monstrueux» embrassements.»

Les partisans de la maison des d’Orléans ont imaginé,pour atténuer l’odieux de ces scandaleuses orgies, de faireressortir qu’au milieu même de l’ivresse, ni sa fille, ni sesroués, ni ses maîtresses, ne pouvaient lui arracher aucun dessecrets de l’état; singulière justification, qui ne fait qu’ajouterà la haine et au dégoût que doit inspirer le chef suprêmed’un royaume qui se vautrait dans la fange, vivait publi-quement avec vingt messalines, et entretenait un sérail où sestrois filles aînées occupaient les premières places. Parmitoutes ses. maîtresses, la plus chérie était sans contredit