[XVIIÏ.S.]CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 31
madame la duchesse de Berry, aussi en abusait-elle gran-dement, jusqu’à vouloir être traitée en reine, paraître auspectacle sous un dais, et recevoir les ambassadeurs assisesur une estrade. Cette princesse était si orgueilleuse desa naissance et des faveurs du régent, quelle insultait samère et l’humiliait à tous propos; le duc d’Orléans lui-mêmen’était pas à l'abri de ses incartades, et avait souvent à souf-frir de son caractère irascible. 11 eut surtout de graves dé-mêlés avec elle pour l’empêcher de rendre public son ma-riage secret avec Rioms; néanmoins il finit par lui lairecomprendre la nécessité de ne point dévoiler celte mésal-liance; et comme elle était enceinte, il la détermina à faireusage de drogues pour bâter le terme de sa délivrance. Mallui en prit, car les liqueurs et les spécifiques lui causèrentune grave inflammation, et mirent ses jours en grand danger.Cependant elle en réchappa, grâce à la vigueur de sa con-stitution , et accoucha d’un enfant mort.
A peine rétablie, elle quitta Paris et se rendit à Meudon pour y passer le temps de sa convalescence ; mais la force del’habitude était telle chez cette princesse, quelle ne put ré-sister à la tentation de donner dans le parc une fête noc-turne à son père. Ce souper fait en plein air, au mois demars, lui devint fatal ; le lendemain elle se mit au lit avecune fièvre brûlante ; chaque jour le mal prit un caractère deplus en plus alarmant, et enfin l’emporta.
Les médecins, à l’ouverture du corpstrouvèrent que lapauvre princesse était encore enceinte.
Malgré le terrible exemple de la mort de sa fille chérie, lerégent ne changea rien à ses habitudes de débauches; car