niSTOIRE DES TAPES.
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[XVIII. S.]
depuis ce moment il ne parut jamais au conseil que dans unétat complet d’ivresse.
Quant aux affaires du royaume, elles allaient à l’aventure,sous la direction de l’infâme abbé Dubois , l’espion gagé del’Angleterre. Ce misérable, en échange d’une pension an-nuelle de quarante mille livres sterling, vendait le royaumeà Georges 1 er , et livrait tous les secrets d’état à lord Stairs,l’ambassadeur de sa majesté britannique, trahison sur la-quelle Philippe d’Orléans fermait les yeux, parce que lui-même avait fait un pacte secret avec le monarque anglais , eten avait reçu la promesse formelle pour le cas où le dernierrejeton de la branche aînée des Bourbons de France vien-drait à mourir, de l’aider à se maintenir sur le trône enverset contre tous.
Le bien du royaume eût exigé un gouvernement sage audedans pour en réparer les vastes ruines, ferme au dehorspour conserver la paix, si péniblement achetée par les traitésd’Utrecht et de Riswick . L’intérêt du gouvernement eût de-mandé que le régent se tînt dans une réserve prudente à l’égardde la maison d’Autriche et de l’Angleterre, et qu’il formâtune étroite alliance avec l’Espagne . Mais celte politique nefaisait pas le compte de Dubois ni celui de l’ambitieux Philipped’Orléans ; le premier voulait pousser aussi loin que possiblesa prodigieuse fortune, et'l’égaler â celle des Richelieu etdes Mazarin ; le second portait ses vues encore plus haut etsongeait à s’asseoir sur le trône. La nation devait donc êtresacrifiée. Pour un peu d’or, ce Dubois, cet homme de néant,ainsi que l’appelle Saint-Simon, ce cerveau brûlé, étroit etfougueux, ce fripon perdu d’honneur, gangrené de vices, ce