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[XVIII. s.l CRIMES des ROIS, DES REINES et des EMPEREURS. 33

misérable qui n’avait rien de sacré au monde, après avoirvendu son pays, abandonna le commerce maritime à l’An-gleterre, et signa un traité honteux qui rendit cette puissancela souveraine des mers.

De cette époque, les peuples du monde entier virents’opérer un changement profond dans leur économie poli-tique, par suite de l’extension extraordinaire que la Grande-

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Bretagne donna au commerce extérieur, en concentrant sescapitaux sur la navigation et sur les manufactures, en excluantles navires étrangers de ses ports, en fortifiant les tendancesau système prohibitif, en transformant toutes les habitudesbienveillantes de réciprocité en des mesures répulsives, enmaintenant un état presque continuel de guerre entre’ lesnations, en établissant un commerce de contrebande et enexerçant une sorte de piraterie qui devint pour elle la sourcede bénéfices considérables, et pour les autres pays la causedes plus affreux désastres.

La France surtout subit la prépondérance de son éternelleennemie ; grâce à ses gouvernants, elle sembla n’être qu’uneannexe de l’Angleterre; tout s’imprégna de ce fatal espritd’intrigue qui est particulier à l’aristocratie anglaise; toutesles affaires, toutes les négociations furent décidées sous uneinfluence anti-nationale, et les Français furent transformésen vassaux de la Grande-Bretagne. Dubois ne se contentapas de pousser le pays dans cette détestable voie pour tout cequi concernait les relations extérieures, il voulut encores’emparer de la direction des conseils chargés de l’adminis-tration intérieure ; mais il échoua dans cette dernière tenta-tive. il s’en consola en disant : « Après tout, je ne perds pas