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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
» grand’chose, puisqu'il n’y a rien à prendre. » En effet, lesprovinces étaient tellement ruinées, que Vauban lui-même,le grand et habile tacticien, ne.jpouvait s’empêcher de dé-plorer les maux de la guerre, et s’écriait : « Hélas ! Louis XIV » n’a laissé aux Français que les yeux pour pleurer! » Grâceaux fastueuses prodigalités de cet infâme monarque, grâceaux velléités guerrières de ce despote couard, que des écri-vains monarchistes s’obstinent encore, par le fait de l’habi-tude, à nommer le grand roi, la dette publique s’était élevéeau chiffre énorme de quatre milliards, et ne laissait d’autremoyen de salut à la France qu’une hideuse banqueroute.
Et cependant quelque funeste que dût être pour le paysune semblable mesure, il y eut quelque chose de plus dé-plorable que la mesure elle-même, ce fut la manière dontPhilippe d’Orléans procéda. Son altesse le régent n’étaitpas homme à laisser échapper l’occasion de spéculer surla misère publique; il prépara de longue main la banque-route par différentes opérations qui toutes devaient lui faireréaliser des bénéfices considérables. Il publia un édit pour larefonte des monnaies, portant la valeur du louis d’or de 14à 20 livres, et celle des écus blancs de 5 à 5 livres; maiscette refonte, qui devait produire au trésor un boni de troiscents millions, n’en rapporta que soixante-douze; les deuxcent vingt-huit millions qui formaient cette énorme différenceayant été partagés entre le duc d’Orléans et ses confidents.
A cette opération désastreuse, il en fit immédiatement suc-céder une autre,' celle du visa, qui consistait h contrôlertoutes les valeurs, â l’exception des renies sur l’hôtel de ville,afin d’en constater la légalité et de les convertir en billets