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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
fluence devint de jour en jour plus considérable à la banquepour obtenir des remboursements en espèces.
Philippe d’Orléans essaya de retenir le torrent en publiantdifférents édits. 11 enjoignit aux dames de la bourgeoisie dene plus porter ni pierreries ni diamants; il osa ordonner laconfiscation des vieilles monnaies, et poussa l’infamie jusqu’àdéfendre que personne dans le royaume ne conservât en sapossession plus de cinq cents livres en espèces, sous peined'une amende de dix mille livres et de la confiscation dessommes saisies. Puis, sous prétexte d’assurer l’exécution deces mesures infâmes, il encouragea les délations, fit faire desvisites domiciliaires par les agents du fisc, et s’empara detoutes les matières d’or ou d’argent qui pouvaient encoreexister dans les familles. Cette dernière opération fit affluerdans les caisses du gouvernement la presque totalité du nu-méraire en circulation. Alors Philippe d’Orléans , n’avautplus rien à voler, déclara effrontément banqueroute, et publiaun édit qui réduisait progressivement la masse du papier émis.
Ou ne saurait peindre la consternation dont la capitale futfrappée à l’apparition de ce décret inique. Les Parisiens tirentdes émeutes, le parlement protesta contre l’acte de déloyautédu régent, les seigneurs mississipiens eux-mêmes se réunirentaux magistrats pour contraindre Philippe à revenir sur sadécision. Cette opposition énergique empêcha le duc d’Or-léans d’accomplir le dernier vol qu’il méditait; il lut obligéde rapporter l’édit de réduction, et de mettre à la disposition^de la banque royale les fonds qui étaient entrés dans lescaisses de l’État par les amendes ou par les confiscations.Malgré les remboursements que Law put effectuer avec ces