Band 
X.
Seite
45
JPEG-Download
 

[XV1II.S.] CRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 45

faibles moyens, son papier tomba de plus en plus en discré-dit; enfin, quand il eut épuisé toutes ses ressources, venduune partie de ses terres, ses hôtels et jusqu’à 6es diamantspour faire (ace aux demandes des porteurs d’actions, il sedéc'ida.à quitter la France avec sa femme et sa fille. Cethomme extraordinaire mourut à Venise dix années après,dans un état voisin de la misère.

Telle fut la triste fin du financier écossais, qu’un de nos sa-vants économistes modernes considère comme l’un des plusgrands génies du siècle. « Si Law n’eût pas été gêné dans ses» opérations par l'infâme duc d’Orléans , dit l’auteur dont» nous rapportons l’opinion, nul doute qu’il eût élevé la» France ati premier rang des puissances financières. Lui» seul, ajoute-t-il, depuis l’existence des banques, a pu im-» punément mettre dix fois autant de billets en circulation» que sa banque renfermait d’espèces. Personne ne peut lui» contester la gloire d’avoir créé dans notre patrie les pre-» mières valeurs industrielles. Cette seule création était une» pensée grandiose; avec elle les plus petits capitaux trou-» vaient un placement , et les travailleurs, condamnés jus-» qu’alors aux éventualités du salaire, étaient enfin admis» aux privilèges de la propriété. Les actions de la banque et» de la compagnie des Indes offraient aux hommes économes» les avantages d’une caisse d’épargne, avec les chances de» profit d’une grande association commerciale. . ;

a Grâce à Law, le crédit public fut substitué au crédit» privé; l’intérêt de l’argent tomba au taux le plus bas, et fit» disparaître la cause la plus efficace et la plus odieuse de

» l’inégalité des conditions. Le premier il conçut la penséex. 7