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HISTOIRE DES PAPES.
'fXVIII. S.]
» gigantesque de transformer la fortune territoriale de la» France en valeurs qui pussent circuler sous la forme de» papier-monnaie; et quoique son but ait été manqué, on» doit convenir que cette tentative ne fut pas stérile, et qu’elle» donna lieu à des tentatives innombrables, qui s'effectuèrent» sous l’inlluence du système et commencèrent le morcelle-» ment de la propriété. L’esprit d’entreprise s’empara de« toutes les classes de la société? et la puissance de l’associa-» tion, inconnue jusqu’à cette époque, se révéla par des» combinaisons neuves et hardies, dont nos opérations ac-» tuelles ne sont que des imitations. Enfin la propriété fon-» cière sortit pour la première fois de l’état de torpeur où» lavait si longtemps maintenu le système féodal, et s’éleva» au rang de puissance productive. »
Law était à peine sorti de France , que le régent faisaitvendre publiquement ses meubles et ses terres, sous prétextede donner satisfaction à l’opinion publique. Pour mieux fairecroire qu’il n’avait trempéenrien dans cequitenaitau système,le rusé prince nomma un contrôleur général des finances,remit en régie les fermes du royaume, rétablit les offices desreceveurs généraux, des payeurs et des contrôleurs de rentes,ordonna une enquête sur les déprédations qui avaient eulieu, et se montra très-rigoureux envers les agioteurs subal-ternes. 11 chargea même un conseil spécial de vérifier lamasse des actions en circulation, d’anéantir celles qui se-raient reconnues falsifiées, et d’apposer un visa sur les autres.Comme les membres de ce conseil exerçaient celte vérifica-tion sans contrôle, il leur devint facile de supprimer unegrande masse de billets Bons ou mauvais et d’atteindre la ré-