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rXVIII.S.] CRIMES dès ROIS, diM REINES et des EMPEREURS. W

duction qui leur avait été indiquée. Huit cents commis furentemployés à ce travail et anéantirent pour plus de dix mil-liards de papier-monnaie. On ne conserva que deux milliardsenviron de créances pour lesquelles on délivra des certificatsde liquidation, que le régent s’engagea à taire acquitter ennuméraire; puis, quelques jours après, il revint sur sa pa-role, annonça que le gouvernement était dans l’impossibilitéd’acquitter ses dettes, et échangea les deux milliards d obli-gations contre vingt-cinq millions de rentes sur l’hôtel deville, qui, plus tard, sous le ministère du cardinal Fleury,devaient éprouver encore une nouvelle réduction. Ainsi futaccomplie par Philippe d’Orléans cette grande iniquité quiconsommait la ruine d’un nombre considérable de citoyens.

Toutes les provinces furent plongées dans la consterna-tion : le commerce, qui pour un instant avait pris un essorextraordinaire, se trouva comme paralysé; l’agriculture lan-guit; un découragement profond s’empara des esprits; lamisère, une misère hideuse remplaça la prospérité nais-sante. Pour comble de désastres, la peste éclata dans la villede Marseille et enleva les deux tiers de la population; un in-cendie effroyable, allumé, dit-on, par les ordres du régent,qui avait à se venger de l’opposition du parlement de Rennes à son gouvernement, dévora la capitale de la Bretagne . Etcependant tel était l’abrutissement du peuple sous le régimedespotique, que tant de millions d’infortunés, entièrementruinés, mourants de faim ou de froid sur leurs domaines in-cultes, sans moyens de subvenir à leur subsistance, se con-tentaient de pousser des plaintes inutiles, au lieu d’écraserle détestable auteur de tous leurs maux, arrosaient la terre