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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.|
du prince; la foule s’ouvrit et lui fit passage avec respect; ildemanda d’un ton haut et ferme où était monseigneur le ducd’Orléans ; on lui répondit qu’il travaillait. « Qu’on m’an-» nonce, ajouta-t-il. » Il s’avance alors vers la porte, ne doutantpoint de la voir s’ouvrir devant lui; mais le marquis de laFare, capitaine des gardes du régent, lui barre le passageet lui demande son épée; le Blanc lui remet un ordre d’exil.
Dans le même instant, le comte d’Artagnan, commandantdes mousquetaires gris, le serre du côté opposé à la Fare;le maréchal crie et se débat : on le jette dans une chaise àporteurs, on l’y enferme, et on le passe par une des fenêtresqui s’ouvre en porte sur le jardin. La chaise, entourée degardes, descendit l’escalier de l’orangerie, au bas duquel setrouvait un carrosse à six chevaux et une escorte de mous-quetaires. Le maréchal fut porté dans la voilure ; d’Artagna'nse plaça à ses côtés, un ofiicier se mit sur le devant avecDulibois, gentilhomme ordinaire; le carrosse partit, et enmoins de trois heures arriva, à neuf lieues de Versailles ,au château de Villeroy, dans lequel il fut gardé à vue. Il eutbeau crier à la violence, s’emporter contre Dubois et contrele régent, annoncer que l’Europe allait demander compte deson enlèvement, et Paris se révolter, on le laissa dire et onle garda prisonnier. Personne ne remua, pas un ambassa-deur ne s’inquiéta de lui; seulement l'évêque de Fréjus ,Hercule de Fleury, donna la comédie d'une fuite, et protestacontre l’arrestation du gouverneur en abandonnant la couret en se retirant chez le président de Lamoignon. Le len-demain, le jeune roi ne voyant point paraître son précep-teur, crut sa vie en danger, et donna de telles marques de