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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

avec une fille dont il était tombé éperdument amoureux, etqu’il avait ensuite abandonnée. La célébration du mariageavait été faite dans une paroisse de village, au fond du Li-mousin . Aussi longtemps que Dubois avait occupé un ranginférieur, il avait payé largement le silence de sa femme;mais les exigences de celle-ci ayant grandi en raison de l’élé-vation de son mari, il s’était déterminé à couper court à cettesorte d’exploitation en faisant disparaître toutes les preuvesécrites de son mariage ; d’ailleurs il y était poussé plus forte-ment encore par la crainte que cette union ne vînt à s’ébrui-ter. Il s’ouvrit de son projet à Breleuii, l’intendant du Li-mousin, qu’il avait lait venir à Paris , et se concerta avec luisuri es moyens de le mettre mystérieusement, à exécution.

Leur plan arrêté, l’intendant reprit la route de sa province,s’arrangeant de manière qu’à une heure assez avancée de lanuit il pût arriver dans le village où avait eu lieu le mariagede Dubois ; il descendit au presbytère. Le bon curé, qui étaitencore celui qui avait procédé à la cérémonie, fut tout à lafois surpris et émerveillé de recevoir la visite d’un si grandpersonnage que monsieur l’intendant. Breleuii prétexta lebesoin de prendre quelque repos avant de continuer sa roule,et le pria de lui accorder l’hospitalité pour la nuit. Le pauvreprêtre répondit que tout dans la maison était à sa disposition,et sur l’heure il lit préparer un copieux souper. L’intendantse mit à table et fit à son hôte l’honneur de l’engager à man-ger avec lui. La chère était excellente, le vin encore meilleur.Breteuil mangeait comme un voyageur affamé et se versaità boire à pleines rasades ; le curé voulut lui tenir tête, et vidatant de brocs qu’il ne put bientôt plus se soutenir et roula