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HISTOIRE DES PAPES.

[XV1II.S.]

pour jouir des honneurs de premier ministre, qui étaient àpeu près les mêmes que ceux qu’on rendait à la personne dusouverain. Il paya cher cette satisfaction orgueilleuse; lemouvement du cheval lui lit rompre un abcès, et on futobligé de le transporter mourant à son appartement. Lesmédecins appelés auprès de lui déclarèrent qu’il n’y avait pasun instant à perdre pour empêcher la gangrène de gagner lavessie, et qu’on devait de suite opérer une castration com-plète. Dubois s’emporta contre eux, blasphéma comme à sonordinaire, et finit par se soumettre.

Avant de procéder à l’opération, les chirurgiens lui pro-posèrent de recevoir les sacrements. A cette ouverture, ilentra dans un paroxysme de fureur. Cependant le mal et lafatigue ayant amené un moment de calme, on lui demandas’il permettrait qu’on lui apportât le viatique. « Allez à tous» les diables, s’écria-t-il en jurant et en sacrant, c’est bientôt» dit, le viatique; ne savez-vous pas qu’il y a des cérémonies«particulières pour les cardinaux? qu’on aille à Paris les» demander à Bissy, et laissez-moi en paix ! » On lui obéit.Toutefois les chirurgiens voyant le danger du moindre retard,le pressèrent de consentir à l’opération.

Il céda enfin à leurs instances, à celles de monseigneurle duc d’Orléans , et s’abandonna aux mains de la Peyronie,qui amputa la partie malade. On reconnut à la nature de laplaie que c’en était fait du premier ministre. Effectivement,il baissa de plus en plus, perdit connaissance, et mourut lelendemain sans avoir reçu les sacrements. Ainsi finit ce phé-nomène de vices et de fortune !

Philippe d’Orléans , qui s’était pour un instant effacé pen-