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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.J

d’une attaque d’apoplexie. A force d’importunité, il le fitmême consentir à suivre un régime qui*devait précéder unesaignée. Le duc d’Orléans, avant de se soumettre à cette ré-forme momentanée, voulut donner un grand dîner à sesroués; puis, le repas terminé, il se renferma aVec la belleduchesse de Phalaris. Il était depuis un quart d'heure à peineavec sa maîtresse, lorsque tout à coup il fut pris d’un étour-dissement et tomba à la renversé : la duchesse poussa des crisd’eltroi et appela au secours. Par malheur les dorûesliquesétaient presque tous absents ; il s’écoula plus d’une heureavant qu’on pût avoir des médecins; et quand ils arrivèrent,ils n’eurent qu’un cadavre à examiner. Philippe d’Orléans ,le faussaire, l’incestueux, l’empoisonneur, était allé rendrecompte au tribunal suprême des crimes de sa vie.

Celte nouvelle se répandit en un instant dans la capitale etexcita des transports d’allégresse parmi les Parisiens . Le jeuneduc de Chartres lui-même, le fils du duc d Orléans, princedévot et imbécile, témoigna ouvertement sa-joie d’un événe-ment qui Je débarrassait d’un tuteur incommode et qui luipermettait de se livrer à ses goûts de bigotisme.

Le champ se trouvant libre par la retraite du premierprince du sang, Louis-Henri de Bourbon Condé , désignéordinairement par le nom de Monseigneur le Duc, se mitsur les rangs pour recueillir l’héritage du régent, c’est-à-dire pour lui succéder dans la charge de premier ministre;il se rendit chez le roi, où se trouvait déjà réuni tout ce quela cour renfermait de plus distingué et de plus ambitieux:l’évêque de Fréjus , avec lequel il s’était préalablement con-certé, dit à haute voix en s’adressant à Louis XV , « que sa