î XVIII.s.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 67
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« majesté ne pouvait mieux remplacer Philippe d’Orléans « qu’en priant monseigneur le Duc de vouloir bien se charger« du poids de toutes les affaires. » Le roi fit un signe d’assen-timent; le prince prêta aussitôt le serment, puis se retira.Tous ceux qui étaient dans le cabinet le suivirent, ainsi quela toule qui se trouvait dans les pièces voisines, et lui formè-rent un cortège qui le ramena à son appartement.
Fleury avait dit vrai, nul n’était plus capable que mon-seigneur le Duc de continuer dignement l’œuvre de dilapida-tion et d’abaissement continu de la France , entreprise parle régent, llçnri de Bourbon atteignait alors sa trente-deuxième année ; il était grand, maigre, borgne, d’une figurerepoussante,' d’une humeur brusque, d’un caractère frivole.Marié à une très-belle femme dont les autres connaissaient toutle prix, il prenait ailleurs ses plaisirs et entretenait, commemaîtresse en titre, une certaine marquise de Prie qui avaitpris sur lui un empire extraordinaire, en l’énervant pard’abominables voluptés. Cette femme , dit Saint-Simon dansses mémoires, avait l’air et la taille d’une déesse, un espritbrillant, extrêmement orné, cultivé par les meilleures lec-tures , avec le jugement de voiler son mérite ; mais elle étaitégalement un pfodige de vices : ambitieuse, avare, implacabledans ses haines, dévorée d’un insatiable besoin de domina-tion. Tout annonçait qu’avec elle commencerait un règne desang, de boue et de confusion.
L’ambassadeur anglais , qui connaissait son amour pourl’argent, lui fit offrir la.pension de quarante mille livres ster-ling que recevait le cardinal Dubois, en échange de sa pro-tection; ce qui fut accepté. Ensuite, et pour premier essai