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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

de son autorité sur monseigneur le Duc, elle sollicita et ob-tint un édit contre les protestants qui étaient rentrés dansle royaume pendant la régence, mesure réclamée depuis plu-sieurs années par les ministres de sa majesté britanniqueavec d’autant plus d’insistance qu’elle tendait à' ruiner l’in-dustrie française.

La marquise prit de jour en jour plus d’ascendant sur sonamant, et finit par s’emparer de l’administration absolue desaffaires. Tout dépendit d’elle, grâces, honneurs et bénéfices ;elle livra les emplois importants de l’état aux courtisans lesplus lâches, les plus méprisables, les plus corrompus, ou àceux qui les lui achetaient le plus cher. Elle dilapida lesfinances, accabla la nation d’édits bursaux, eut sa cour, sesflatteurs, dispensa les dignités, les honneurs, nomma cin-quante-huit chevaliers du Saint-Esprit ou commandeurs ec-clésiastiques, fit sept maréchaux de France, et disposa siabsolument du royaume qu’en 1725 , année où les pluiesperdirent les récoltes, comme on portait processionnellementla châsse de sainte Geneviève pour demander à Dieu quelquesjours de soleil, elle dit en riant à ceux qui l’entouraient :« Le peuple est fou ; ne sait-il pas que c’est moi qui fais la» pluie et le beau temps? »

Elle exerçait en effet une grande influence sur les premiersseigneurs de la cour, dont Ja plupart étaient ses amants ; levieil évêque de Fréjus seul restait rebelle à ses séduc-tions, et lui montrait une sorte de répulsion qu’il avait faitpartager à son royal élève. Le duc de Bourbon crut mêmes’apercevoir que le roi lui témoignait par contre-coup moinsd’alfeclion ; ce qui lui inspira de sérieuses inquiétudes et le