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HISTOIRE DES PAPES.

[XV11I. S.]

le prince des Asturies, devenu roi, avait rappelé auprès delui sa femme : cinq jours après il expiait son imprudenteconfiance et était emporté par une maladie subite. Cettemort prématurée avait contraint Philippe V à reprendreles rênes du gouvernement, et il se trouvait de nouveau roides Espagnes après six mois d’interrègne. Sa majesté ca-tholique , furieuse de l’insulte qui lui était faite par la rup-ture du mariage projeté entre Louis XY et l'infante, renvoyaà son tour en France la fille de Philippe l’empoisonneur, etsa sœur mademoiselle de Beaujolais, fiancée à don Carlos.

Rien ne s’opposant plus à la réalisation des espérances dupremier ministre, celui-ci songea à faire consentir le jeunemonarque à prendre une femme. Ce fut le maréchal de Yillars,lâche complaisant du duc de Bourbon, qui se chargea de lapremière ouverture. En plein conseil il apostropha Louis XV avec son Cynisme habituel, en lui disant : « Vous devez,>) sire, d’autant plus songer à vous marier, que Dieu donne» à vos peuples la consolation de vous voir si fort à quatorze» ans et demi, qu’il ne tient qu’à vous de nous donner bientôt» un dauphin. »

L’évêcjue de Fréjus , qui s’était réservé de préparer soriélève au rôle d’étalon, prit à son tour la parole, et insistasur la nécessité de terminer les inquiétudes de la nation parun mariage. Le jeune roi répondit qu’il était prêt à faire toutce que le conseil jugerait utile au salut de sa couronne.

Il ne s’agit plus que de lui trouver une femme. Monsei-gneur le Duc résolut, pour se conserver le pouvoir, de fairemonter sur le trône de France sa sœur, mademoiselle deVermandois . Aucune des princesses qui pouvaient aspirer