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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.]

sous sa tutelle, lui préféra Marie Leczinska , dont le père,Stanislas Leczinski, roi déchu du trône de Pologne , venaitde se fixer à Weissembourg, au fond de la basse Alsace ,dans une vieille commanderie, dont la moitié des muraillestombait en ruines. Le simple caprice d’une courtisane suffitpour changer en un moment le sort de cette famille.

Un matin, Stanislas reçut la lettre de monseigneur le Ducqui lui apprenait le bonheur inespéré qui lui arrivait. Il passaà l’instant dans la chambre de sa femme et de sa fille, et diten entrant : « Mettons-nous à genoux et remercions Dieu.» — Mon père! s’écria Marie, vous êtes rappelé au trône de» Pologne ! —Non, ma fille ; mais le ciel nous est bien plus» favorable, vous êtes reine de France ! » 11 serait difficilede peindre les transports de la mère et le saisissement de lafille, qui, la veille de cette nouvelle, se serait trouvée heu-reuse d’épouser un de ceux qu’elle allait avoir pour officiersde sa cour. Cette princesse atteignait sa vingt-troisième an-née lorsque son mariage avec un roi qui n’avait pas quinzeans fut célébré à Fontainebleau .

Si l’on en croit Dangerville, auteur de la Vie privée deLouis XV , elle avait eu déjà une intrigue amoureuse avec lebeau comte d’Estrées, qui devînt par la suite maréchal deFrance. C’est tout ce que l’histoire lui reproche.

Marie Leczinska avait d’excellentes qualités qui la placentau nombre des reines dont la mémoire mérite d’être bénie parla postérité; ce qui fait d’autant plus ressortir l’odieux de laconduite de son mari à son égard. Elle montra toujours uneextrême déférence pour le duc de Bourbon ; sa reconnais-sance lui voila tous les vices de la courtisane qui l’avait fait