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[X.V11I. S.] GRIMES DES ROIS, des REINES ex des EMPEREURS. 73

monter sur le trône, et l’engagea même à l’admettre aunombre de ses daines d’honneur.

La cour continuait à étaler le lasle le plus insolent au mi-lieu de la misère générale , et le premier ministre augmen-tait chaque jour les impôts pour subvenir aux dépenses deslêtes de Chantilly et de Versailles . Outre le droit de joyeux.,avènement, qui avait coûté quarante-quatre millions aupeuple, il venait de rendre un édit qui imposait tous lesFrançais , sans en excepter même les privilégiés, au cin-quantième de leurs revenus. Le prétexte de cette nouvellecharge était l’éventualité d’une guerre avec l’Espagne. Phi-lippe V ne respirait en effet que vengeance; et son ressenti-ment était si profond, qu’oubliant les longs démêlés qu’ilavait eus avec l’Autriche , il cherchait à se rapprocher de cetlëpuissance, et mettait tout en usage pour susciter des ennemisà la France , pendant que lui-même concentrait des corps detroupes dans les provinces voisines des Pyrénées .

Pour déjouer les machinations de ce vieillard atrabilaire,la marquise de Prie fit nommer le duc de Richelieu ambas-sadeur à Vienne . Ce courtisan fut assez heureux au début desa carrière diplomatique pour neutraliser tous les projetsd’alliance entre Philippe V et l’empereur Charles VL

Cependant ces discussions de famille passaient inaperçuesen France , par suite de l’agitation extrême où se trouvaientles esprits. Une disette affreuse s’était manifestée dans toutesles provinces. Le peuple accusait hautement les quatre frèresParis , les conseils de la marquise de Prie, d’avoir acca-paré les grains, pour satisfaire par d’infâmes spéculationsleur cupidité et celle du duc de Bourbon, le principal objet