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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. S.J

de l’animadversion générale. Les premières classes de l’état,la noblesse et Je clergé, s’étaient associés au peuple; le par-lement avait refusé d’enregistrer les nouveaux édits bursauxet avait adressé d’énergiques remontrances; enfin l’évêquede Fréjus , qui se voyait près de toucher au but où avait tou-. jours tendu son ambition, se hasardait à parler au roi contrele duc de Bourbon : il osait même engager Louis XY ,à mon-trer de la froideur à la reine, parce qu’elle soutenait le pre-mier ministre et la marquise de Prie.

Cette conduite détermina Marie Leczinska à entrer dansune intrigue fort innocente, que monseigneur le Duc lui re-présenta comme devant lui faire recouvrer toute son influencesur son mari en éloignant par degrés Fleury de toutes lesaffaires. Le précepteur avait l’habitude de se rendre dans lecabinet du roi dès que le ministre y était entré et d’assister àleurs conférences. Il fut convenu entre la reine et le duc deBourbon qu’elle engagerait Louis XV à venir travailler dansson appartement. Celui-ci accueillit la proposition avec la joied’un enfant à qui l’on offre une diversion à une tâche en-nuyeuse. Pendant qu’il était occupé avec le ministre à l’heurehabituelle dans la chambre de la reine, l’évêque de Fréjus vint à son cabinet, où il apprit de l’huissier de service queson élève s’était retiré dans les appartements de Marie Lec-zinska et qu’il avait défendu de laisser personne arriver jus-qu’à lui.

Fleury comprit qu’il était joué et qu’on avait l’intentionde le séparer du roi. Il ne perdit pas de temps, et recom-mença l’épreuve d’une fuite simulée. Il écrivit immédiatementà Louis XV une lettre dans laquelle il disait entre autres