[XV1II.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. Tl
prétexte pour disgracier le prince, fut charmé de celui queson précepteur lui présentait. Néanmoins il ne voulut rientémoigner de ses secrets sentiments jusqu’au jour fixé pourl’exécution du plan concerté entre lui et Fleury. Un matin,sa majesté fit appeler le premier ministre auprès d’elle, l’in-struisit de son intention de partir de suite pour Rambouillet avec la cour, parla des plaisirs qu’elle comptait goûter dansson voyage, et lui recommanda d’arriver avec madame la .reine pour le souper.
Le duc de Bourbon, charmé de toutes les choses gracieusesque lui avait dites le roi, se retira pour commander les ap-prêts de son départ. A peine était-il rendu à son apparte-ment, qu’on lui annonça le duc de Charost, capitaine desgardes. Cet officier lui présenta une lettre du monarque,conçue en ces termes : « Je vous ordonne de vous retirer à» Chantilly et d’y demeurer jusqu’à nouvel ordre. » Un lieu-tenant et une escorte de cavaliers, qui l’attendaient au basdes escaliers, le conduisirent aussitôt à sa destination. Enmême temps Marie Leczinska recevait de son époux unelettre non moins impérieuse et d’une sécheresse égalementoffensante : « Je vous prie, madame, et, s’il le faut, je vous» ordonne de faire tout ce que l’évêque de Fréjus vous dira» de ma part. Signé Louis. » La marquise de Prie n’étaitpoint oubliée, et se trouvait reléguée par une lettre de cachetà sa terre de Courbépine. Quant aux frères Paris , les troisaînés étaient exilés et le plus jeune mis à la Bastille. Ainsitomba le pouvoir du duc de Bourbon.
Monseigneur de Fleury, nommé par ordonnance du roi
ministre d’état, prit en main l’autorité souveraine et entra
il
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