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[XVIII. S.]
HISTOIRE DES PAPES.
immédiatement en fonctions. La fortune étonnante de ce pré-lat et le rôle important qu’il joua dans l’état exigent que nousentrions à son sujet dans quelques détails. L’évêque de Fré-jus était tout simplement le fils d’un receveur des tailles deLodève . Dès sa jeunesse, ses parents l’avaient destiné à lacarrière ecclésiastique et l’avaient fait entrer chez les jé-suites. Ses études terminées, ils avaient obtenu, toujours parla protection des bons Pères, qu’il fût admis chez le car-dinal italien Bonzi, dont les goûts dépravés étaient connusde tout Paris .
Le jeune Fleury était doué d’une fort jolie figure : soit àcause de sa gentillesse, soit à cause de sa docilité, le prélats’attacha d’une manière toute particulière à son protégé. 11le poussa à la cour et lui fit avoir la charge d’aumônier deMarie-Thérèsç, et après la mort de la reine celle d’aumônierde Louis XIV . Le cardinal Bonzi étant mort, son avance-ment se trouva subitement arrêté, le roi ne l’aimant pas etne voulant pas lui donner un évêché, quoique l’abbé fît sou-vent parler de son mérite et de son désintéressement parune foule d’illustres protecteurs chez lesquels il valetait,dit Saint-Simon, et suppléait aux sonnettes avant qu’on eneût l’invention. Enfin, monseigneur de Noailles, ajoute lemême historien, à la sueur de son front et de toute la forcede son bras, arracha au monarque l’évêché de Fréjus pourl’ancien aumônier; encore Louis XIV ne se rendit-il que deguerre lasse, et en disant : « Pour voir cesser vos importu-» nités, monsieur de Paris , j’accorde à l’abbé Fleury cedio-» cèse perdu au bout de mon royaume; mais je proteste que» je lë fais à regret, et je vous prédis que vous vous repen-