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HISTOIRE DES PAPES.

[XVIII. &]

bassadeur de la Grande-Bretagne qui avait succédé à Stairs,Horace Walpole , sut faire tourner au profit de l’Angleterrecette fatale faiblesse. Lui et le fameux Robert Walpole , sonfrère, ministre de la Grande-Bretagne, encensèrent à l’envil’un de l’autre le crédule vieillard; et tout en paraissant nesuivre que ses conseils, l’amenèrent insensiblement à conti-, nuer l’œuvre de l’asservissement de la France . Ils économi-sèrent ainsi les quarante mille livres sterling que l’Angle-terre avait payées annuellement au cardinal Dubois, et aprèslui à la marquise de Prie, et n’en atteignirent pas moins lebut qu’ils s’étaient proposé, savoir : empêcher que la France ne relevât sa marine; se conserver l’empire de la mer et ducommerce; diviser par une politique machiavélique les deuxbranches royales de la maison de Bourbon , afin d’anéantirle commerce de l’Espagne et de s’établir à la place de cettepuissance dans les Indes ; enfin se rendre redoutable à la mai-son d’Autriche , en montrant que la Grande-Bretagne pouvaitdisposer à son gré des armes de la France .

On ne doit donc pas être surpris que sous le ministère deFleury, l’Espagne, l’Autriche, la Prusse, la Pologne et laRussie, qui voyaient les tendances de la cour de Versailles ,se soient montrées hostiles à la France . Il n’y eut que Romequi maintint des relations amicales avec l’évêque de Fréjus ,et cela parce que les Anglais n’avaient aucun intérêt à l’endétourner.

Fleury, devenu premier ministre de fait, sollicita de saSainteté Benoît XIII le chapeau de cardinal, qui lui fut en-voyé incontinent; il se trouva alors le principal personnagedu royaume. Avant lui, jamais un ministre, pas même Ri-