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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
d’animadversion dont il était l’objet. D’abord, à son débutdans l’administration des finances, il avait fait une suppres-sion considérable sur les rentes perpétuelles et viagères quiavaient été créées après le désastre du système de Law; en-suite il avait ordonné une nouvelle refonte des monnaies etdiminué la valeur intrinsèque des pièces d’or et d’argent;puis il avait négocié plusieurs emprunts qui s’élevaient à plusd’un milliard, en cherchant à tenter la cupidité des capita-listes par des primes, des loteries et des tontines; enfin ilavait élevé le prix des fermes et des recettes à plus du doublede leur valeur ; ce qui avait mis les percepteurs et les offi-ciers du fisc dans la nécessité de se livrer à des exactions, pourrentrer dans les sommes déboursées pour l’achat de leurscharges. Le ministre adopta une mesure plus odieuse encorequ’aucune de celles que nous venons de citer, et qui porta uncoup mortel au commerce. A l’instigation des ministres del’Angleterre, il déclara qu’il était inutile et onéreux de cons-truire ou de réparer les navires de guerre, puisque Georges 1"mettait les siens à la disposition de Louis XV ; et il laissadépérir la marine.
Pendant lesdix-sept années du gouvernement du cardinalFleury, la même politique étroite, la même parcimonie, pré-sida à toutes les opérations et fit avorter les projets les mieuxcombinés. Le beau-père de Louis XV , Stanislas Leczinski,lui dut entre autres, par le refus d’un secours de quelquesmille hommes, la perte de son trône de Pologue, sur le-quel il était remonté à la mort d’Auguste II . Rien de grand,rien d’utile ne signala \e passage de l’évêque de Fréjus auxaffaires ; il parut constamment occupé d’un seul soin, celui