[XVlll.S] GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 87
pressa le roi de prendre parti dans la guerre de la successiond’Autriche , ne parla que sièges, que batailles, et annonçaqu’elle voulait détruire la monarchie autrichienne et brisersous ses pieds la couronne impériale. Aucun prétexte, memespécieux, ne pouvait autoriser une agression contre Marie-' Thérèse, puisque la France avait formellement reconnu etgaranti la pragmatique sanction, et attendu que Louis XV n’avait absolument rien à revendiquer des états héréditairesde la maison d’Autriche . Néanmoins sa majesté céda; le car-dinal-ministre, qui atteignait sa quatre-vingt-huitième annéeet qui n’avait plus ni l’énergie ni l’activité nécessaires pourrésister aux cabales, consentit également à la guerre pour nepoint compromettre son autorité. Il ne voulut pas cependantrompre ouvertement avec Marie-Thérèse, et commença leshostilités en intervenant comme allié de Charles-Albert, eten plaçant les troupes françaises sous les ordres de ce prince.L’Espagne, la Saxe et la Prusse unirent leurs forces à cellesde la France, et mirent l’Autriche à deux doigts de sa perte.Mais Frédéric II s’étant séparé de la coalition, la fille de l’em-pereur Charles VI put réparer ses pertes ; l’Angleterre luiayant envoyé des secours, elle put reprendre l’offensive, dé-gager la Bohême et vaincre l’électeur de Bavière, Charles-Albert, qui s’était fait proclamer empereur. La Saxe ne tardapas à suivre l’exemple de la Prusse; la Hollande et la Sar-daigne tirent également des traités avec Marie-Thérèse, et lesFrançais se trouvèrent entièrement isolés.
Le maréchal de Belle -Isle, qui s’était renfermé dansPrague , fut bloqué par une armée trois fois plus nombreuseque la sienne et obligé de capituler. Fleury voulut réparer les