[XVIII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 9d
qui indiquaient dans leui's dessins bizarres et libidineux ladestination du monument.
C’était surtout dans les appartements secrets que les or-donnateurs avaient lait des prodiges. L imagination dépra-vée de la Pompadour s’y était épuisée en inventions mon-strueuses : les voûtes étaient couvertes de peintures érotiquesreprésentant des sarabandes de ménades, de bacchantes etde satyres, ou figurant les combats amoureux des dieux dela mythologie. Dans les salles de festins étaient places surde riches,consoles des vases d’or au col allongé en forme dephallus; et aux angles se trouvaient des fontaines à septcascades, qui laissaient retomber l’eau dans des bassins decristal, où se jouaient des dorades aux étincelantes couleurs ;les planchers de bois des Indes étaient incrustés de nacre, deperles, d’ivoire ou d’ébène, et avaient été garnis d’ingénieuxmécanismes qui permettaient aux convives de se passer devalets curieux ou indiscrets, en faisant disparaître ou monterles tables. Dans ces délicieux cénacles, des lits voluptueux,jonchés de Heurs odorantes, remplaçaient les sièges et favo-risaient les attitudes lascives.
Les boudoirs surpassaient encore les salons par leur ri-chesse et leur élégance : ils étaient disposés les uns à la suitedes autres, tous de formes et de décorations différentes;tous ruisselants de dorures, de pierreries, avec des colon-nades de porphyre ou de jaspe ; tous ornés de peintures obs-cènes, représentant des groupes voluptueux de nymphes,de faunes ou de satyres se tordant dans le paroxysme du• délire, et reproduisant les fameuses compositions attribuéesà Jules Romain sur les sonnets de l’Arétin . C’étaient des